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L'Allant Vers

Revue de poésie, nouvelles, contes

Pr?sentation

Ce blog présente des textes, poèmes, proses, dialogues qui ont retenu notre attention. Si vous souhaitez nous proposer vos productions, merci de nous laisser un message en commentaire avec vos coordonnées, le comité de lecture de l'Allant Vers vous donnera une réponse immédiatement. Bien à vous ami(e)s des lettres et de la poésie ! En espérant vous lire bientôt, et peut-être vous rencontrer si vous êtes sur Paris, nous espérons que vous prendrez plaisir à naviguer entre ces quelques textes. L'Allant Vers

Pour nous proposer vos productions (trois poèmes ou une nouvelle par envoi), merci de nous les envoyer avec vos coordonnées sur  allantvers@googlegroups.com, nous vous répondrons dans les plus brefs délais.

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Trouée de lumière | 20 juin 2007


"Le soir tombe sur la cité, efface en moi bien des années. Comme mes pas, d'autres enjambées de gens parlant haut, peut-être un peu fort, quand moi-même, je retrouve me mêlant aux ombres projetées, parfois violemment, je retrouve un réconfort dans des habits d'ombres, uniquement. Je me mêle aux effluves, aux chants lointains, aux mauvaises gens et aux poètes isolés. J'imprime de mes pas de lointaines victoires. Je vous cache tout sourire au dehors, mon âge avancé, et marche autour de jeunes personnes. Je suis un magicien, je réconforte des pleurs ; peut-être un sorcier de l'âme. J'offre de nouvelles forces, aux couchants - bien entendu -. La nuit tombée, sur les trottoirs, résonnent mes pas, et quelques autres perdus. La nuit venue j'arrive à me sourire dans une quelconque vitre, bien éclairée de par le meilleur réverbère. J'aime ce pardessus noir que je porte, je souris, un peu ivre, et feint à me croire grand, heureux et riche, envié tel un prince qui marcherait au travers son armée. Et flotterai en la présence des sirènes de cette humble contrée, des plus séduisantes qui rejetèrent tant d'autres, car elles ne vivaient que par l'enveloppe du fruit, par l'illusion, par l'immense solitude de ceux qui refusent toute approche. Donc, je marchais seul alors et je ne vous parle plus, peut-être occasionnellement ; de mes grandes promenades nocturnes, enveloppé par la brume, et dans cette funeste jeunesse, priant Dieu que sur mes chemins d'alors, je puisse rencontrer le plus triste des réverbères, celui qui n'offre que peu de lueurs, mais que j'embrasserai peut-être un jour, pour ces nuits de totale solitude et de grand froid. Il fut le seul à m'indiquer maladroitement le chemin qui m'offre de vous écrire aujourd'hui."

(Mirzayantz Bruno, sans date)

Publié par Allant Vers à 13:28:18 dans L'Allant Vers | Commentaires (4) |

Le vent... Assurément... | 20 juin 2007



"Le vent a emporté les vagues et les rochers, les images confuses et bleues des tempêtes de mon passé, les couleurs des paysages, mes années d'ivresses, mes conquêtes féminines, félines, mes danses endiablées. La courbe de leurs étoffes et leurs parfums bien sûr... Le vent a déroulé sur mes épaules des chevelures d'ombres, de brisants qui cachaient qu'au fond de mes poches, tremblaient mes mains. Le vent parfois a tout emporté, même le mouchoir blanc, que rempli des flots d'écumes, de grandes averses rageuses, de grandes sueurs parfois, de ces chemins mal parcourus, de ces sentiers tordus, où je perdis mes pas dans leurs enchevêtrements, et, quand ces mêmes instants souffla le vent, qui soutenu ma solitude, et, quand ces mêmes pas, inconsciemment, je posais peut-être maladroitement ces derniers dans ceux de mon père, en cherchant comme lui à ne point trop se perdre."

(Bruno Mirzayantz, 25 décembre 2001)

Publié par Allant Vers à 13:27:39 dans Poèmes de B. Mirzayantz | Commentaires (0) |

Le noyé | 20 juin 2007

"La haute coiffe, tremblante et blême qui vient aux roches ridées, claquantes vagues, ronflantes de fumée, la brume et l'ombre océane. Le ciel haché, peint d'une main fiévreuse, laissant se soustraire affolé de bleu clair de larmes, brossant là d'un linge verdâtre ce rimmel sombre, du geste qui sauve le sanglot. De ces vêtements aux cendres de fumées, d'ocre de canon et d'incendies, les lourdes bourrasques, saphir, arrachent des plaintes aux familles de pêcheurs qui dans l'ombre hivernale, pleurent une trop profonde et immense séparation. L'eau sur ces reliques lourdes d'où s'échappent les crabes, l'eau crachant sa haine aux matins pâles et glauques de décembre, hurle encore sa hargne sourde, parfois blême comme un visage de noyé. Son ombre et sa douleur quand tu t'éloignes, cette fin août, alors que le soleil, juché, allume les landes de grands gémissements lointains et de primes bruyères. Un envol argenté de goélands râleurs surgit des pourtours profonds, grandioses, d'émeraude, de genets, de chagrin, de ton parfum, et d'étoffes arrachées, blanches ; s'élevant au vent soudain, pour la mer, pour la soif. Dans ma bouche, là ouverte, entrait l'écume blanche, perlée. J'ouvrai cette ouverture fragile, agitant mes bras, mes jambes, et d'avantage mes mains ; comme le chef d'orchestre dans une foule levée et applaudissant bruyamment, parfois écartant plus encore les mâchoires ; j'entendais malgré tout quelques sons mâchonnés, quelques mots comme quelques chants de jeunes oiseaux. Le souffle me maquait, et la mer sublime, blanche et bleue, ombrée, rageait à m'ensevelir. Je me débattais avec hargne et combativité, du bleu autour et de claires nuées m'environnaient. Je donnais avec grâce et témérité tous les gestes utiles et tous les mouvements, d'immenses danses à se débattre. Mais ma bouche me perdait, cherchant l'air nécessaire aux manœuvres, l'air mais point l'eau. Hélas, c'est dans des couleurs froides que naissait mon déclin, des bleus plus tendres et des blancheurs moins agitées que je buvais discrètement, puis goulûment, au point de garder cette bouche large ouverte, des bras tombés nullement le long du corps et, corps de mollusque, d'invertébré que l'océan jouait à manipuler en le plongeant dans son calme de nuit ; réduire dans un jour ou deux, son visage à une blanche étoffe lâche, molle, aux yeux glauques, enflés, aux couleurs de galets." (Bruno Mirzayantz, sans date)

Publié par Allant Vers à 13:26:27 dans Poèmes de B. Mirzayantz | Commentaires (0) |

Nuits | 20 juin 2007


"Dans les nuits confuses où je me perds dans les draps ; flots lents où passent quelques mouvances, une mer à peine éclairée par la lune au travers des volets, deux yeux mi-clos dans des ombres immenses où le corps vacille, rendant ses armes aux portes de l'inconscient. Je me retrouve dans des couloirs lumineux, puis des jardins fleuris. Les femmes aux longs cheveux et finement vêtues, sombres, blanches, lançant à mon passage inquiet des pétales de roses au devant de cascades perlées. Des arbres vieux aux lourds troncs tordus laissent bruisser autour leurs feuillages assombris. L'herbe est haute soudain ! Je traîne les pas, accrochant des tiges enlacées, avançant, je rejoins alors une allée de sable. Au loin je vois la mer, elle est fâchée, et frappe des roches déchiquetées, devant des voiliers qui courent, penchés au travers de flots en colères. Sur le côté d'une bien vieille maison aux murs sales, écaillés, toiture verte, volets clos ; des amis viennent vers moi. Je reconnais le boucher du coin, David, le torero, une cliente aux yeux bleus, habillée de dentelles grises, un homme inconnu en peignoir bariolé me tendant un chapeau haut de forme."

(Bruno Mirzayantz, sans date)

Publié par Allant Vers à 13:25:50 dans Poèmes de B. Mirzayantz | Commentaires (0) |

Sortir | 20 juin 2007

"Brûlantes émotions, inutiles démarches, les rayons sont ardents où demeure l'illusion ; les rêves sont puissants que l'on croirait chuter, dévaler bien des pentes, et, des chemins de gouffre, oubliant pour un peu la bouillante démarche, d'une jeune après-midi, les façades et les murs fumants sous l'été. Ma solitude traînant son ombre, le long de ces chemins menant à nulle part." (Bruno Mirzayantz, 13 août 2003)

Publié par Allant Vers à 13:23:29 dans Poèmes de B. Mirzayantz | Commentaires (0) |