• "Le soir tombe sur la cité, efface en moi bien des années. Comme mes pas, d'autres enjambées de gens parlant haut, peut-être un peu fort, quand moi-même, je retrouve me mêlant aux ombres projetées, parfois violemment, je retrouve un réconfort dans des habits d'ombres, uniquement. Je me mêle aux effluves, aux chants lointains, aux mauvaises gens et aux poètes isolés. J'imprime de mes pas de lointaines victoires. Je vous cache tout sourire au dehors, mon âge avancé, et marche autour de jeunes personnes. Je suis un magicien, je réconforte des pleurs ; peut-être un sorcier de l'âme. J'offre de nouvelles forces, aux couchants - bien entendu -. La nuit tombée, sur les trottoirs, résonnent mes pas, et quelques autres perdus. La nuit venue j'arrive à me sourire dans une quelconque vitre, bien éclairée de par le meilleur réverbère. J'aime ce pardessus noir que je porte, je souris, un peu ivre, et feint à me croire grand, heureux et riche, envié tel un prince qui marcherait au travers son armée. Et flotterai en la présence des sirènes de cette humble contrée, des plus séduisantes qui rejetèrent tant d'autres, car elles ne vivaient que par l'enveloppe du fruit, par l'illusion, par l'immense solitude de ceux qui refusent toute approche. Donc, je marchais seul alors et je ne vous parle plus, peut-être occasionnellement ; de mes grandes promenades nocturnes, enveloppé par la brume, et dans cette funeste jeunesse, priant Dieu que sur mes chemins d'alors, je puisse rencontrer le plus triste des réverbères, celui qui n'offre que peu de lueurs, mais que j'embrasserai peut-être un jour, pour ces nuits de totale solitude et de grand froid. Il fut le seul à m'indiquer maladroitement le chemin qui m'offre de vous écrire aujourd'hui."

    (Mirzayantz Bruno, sans date)

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