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L'Allant Vers

Revue de poésie, nouvelles, contes

Pr?sentation

Ce blog présente des textes, poèmes, proses, dialogues qui ont retenu notre attention. Si vous souhaitez nous proposer vos productions, merci de nous laisser un message en commentaire avec vos coordonnées, le comité de lecture de l'Allant Vers vous donnera une réponse immédiatement. Bien à vous ami(e)s des lettres et de la poésie ! En espérant vous lire bientôt, et peut-être vous rencontrer si vous êtes sur Paris, nous espérons que vous prendrez plaisir à naviguer entre ces quelques textes. L'Allant Vers

Pour nous proposer vos productions (trois poèmes ou une nouvelle par envoi), merci de nous les envoyer avec vos coordonnées sur  allantvers@googlegroups.com, nous vous répondrons dans les plus brefs délais.

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Le noyé | 20 juin 2007

"La haute coiffe, tremblante et blême qui vient aux roches ridées, claquantes vagues, ronflantes de fumée, la brume et l'ombre océane. Le ciel haché, peint d'une main fiévreuse, laissant se soustraire affolé de bleu clair de larmes, brossant là d'un linge verdâtre ce rimmel sombre, du geste qui sauve le sanglot. De ces vêtements aux cendres de fumées, d'ocre de canon et d'incendies, les lourdes bourrasques, saphir, arrachent des plaintes aux familles de pêcheurs qui dans l'ombre hivernale, pleurent une trop profonde et immense séparation. L'eau sur ces reliques lourdes d'où s'échappent les crabes, l'eau crachant sa haine aux matins pâles et glauques de décembre, hurle encore sa hargne sourde, parfois blême comme un visage de noyé. Son ombre et sa douleur quand tu t'éloignes, cette fin août, alors que le soleil, juché, allume les landes de grands gémissements lointains et de primes bruyères. Un envol argenté de goélands râleurs surgit des pourtours profonds, grandioses, d'émeraude, de genets, de chagrin, de ton parfum, et d'étoffes arrachées, blanches ; s'élevant au vent soudain, pour la mer, pour la soif. Dans ma bouche, là ouverte, entrait l'écume blanche, perlée. J'ouvrai cette ouverture fragile, agitant mes bras, mes jambes, et d'avantage mes mains ; comme le chef d'orchestre dans une foule levée et applaudissant bruyamment, parfois écartant plus encore les mâchoires ; j'entendais malgré tout quelques sons mâchonnés, quelques mots comme quelques chants de jeunes oiseaux. Le souffle me maquait, et la mer sublime, blanche et bleue, ombrée, rageait à m'ensevelir. Je me débattais avec hargne et combativité, du bleu autour et de claires nuées m'environnaient. Je donnais avec grâce et témérité tous les gestes utiles et tous les mouvements, d'immenses danses à se débattre. Mais ma bouche me perdait, cherchant l'air nécessaire aux manœuvres, l'air mais point l'eau. Hélas, c'est dans des couleurs froides que naissait mon déclin, des bleus plus tendres et des blancheurs moins agitées que je buvais discrètement, puis goulûment, au point de garder cette bouche large ouverte, des bras tombés nullement le long du corps et, corps de mollusque, d'invertébré que l'océan jouait à manipuler en le plongeant dans son calme de nuit ; réduire dans un jour ou deux, son visage à une blanche étoffe lâche, molle, aux yeux glauques, enflés, aux couleurs de galets." (Bruno Mirzayantz, sans date)

Publié par Allant Vers à 13:26:27 dans Poèmes de B. Mirzayantz | Commentaires (0) |

Nuits | 20 juin 2007

"Dans les nuits confuses où je me perds dans les draps ; flots lents où passent quelques mouvances, une mer à peine éclairée par la lune au travers des volets, deux yeux mi-clos dans des ombres immenses où le corps vacille, rendant ses armes aux portes de l'inconscient. Je me retrouve dans des couloirs lumineux, puis des jardins fleuris. Les femmes aux longs cheveux et finement vêtues, sombres, blanches, lançant à mon passage inquiet des pétales de roses au devant de cascades perlées. Des arbres vieux aux lourds troncs tordus laissent bruisser autour leurs feuillages assombris. L'herbe est haute soudain ! Je traîne les pas, accrochant des tiges enlacées, avançant, je rejoins alors une allée de sable. Au loin je vois la mer, elle est fâchée, et frappe des roches déchiquetées, devant des voiliers qui courent, penchés au travers de flots en colères. Sur le côté d'une bien vieille maison aux murs sales, écaillés, toiture verte, volets clos ; des amis viennent vers moi. Je reconnais le boucher du coin, David, le torero, une cliente aux yeux bleus, habillée de dentelles grises, un homme inconnu en peignoir bariolé me tendant un chapeau haut de forme." (Bruno Mirzayantz, sans date)

Publié par Allant Vers à 13:25:50 dans Poèmes de B. Mirzayantz | Commentaires (0) |

Sortir | 20 juin 2007

"Brûlantes émotions, inutiles démarches, les rayons sont ardents où demeure l'illusion ; les rêves sont puissants que l'on croirait chuter, dévaler bien des pentes, et, des chemins de gouffre, oubliant pour un peu la bouillante démarche, d'une jeune après-midi, les façades et les murs fumants sous l'été. Ma solitude traînant son ombre, le long de ces chemins menant à nulle part." (Bruno Mirzayantz, 13 août 2003)

Publié par Allant Vers à 13:23:29 dans Poèmes de B. Mirzayantz | Commentaires (0) |

Aux quelques témoins... Bouteille à la mer | 20 juin 2007

"De nouveaux jours glissent, eux sous les ponts de notre présent, et loin sera ainsi la mer de notre vécu. Je surprend à nouveau le chant des merles. Je suis semblable aux vieux murs disjoints, leurs peaux d'écorce blanche sont autant de cicatrices, de rides et de paupières fermées. Le vent a bientôt emporté les parfums envoûtants, les chants, les musiciens, les soirées aux lampions, famille et amis. Dans le repli qui pour tant d'autres semble à nouveau inutile, j'erre prisonnier de la destinée, les montées de fièvre, et mes rêves incessants, me conduisent aux marais de la ville. Là où le sol se dérobe, où il n'y a plus d'image, où le corps, les murs, les vieux troncs se rejoignent, là où par bonheur, les souvenirs semblent absents." (Bruno Mirzayantz, 11 août 2003)

Publié par Allant Vers à 13:21:57 dans Poèmes de B. Mirzayantz | Commentaires (0) |

Chant | 20 juin 2007


Les paroles des hommes sont des parfums

Des couleurs ou des coulées de lave,

Le visage des hommes est semblable à la lune

Qui change de nuit en nuit,


L'éveil est comme le ciel

Qui enveloppe la Terre.


Et moi, je suis comme la surface du lac

Qui n'appartient ni à l'eau ni à l'air,

C'est la joie de ne plus appartenir au monde

Qui nous permet d'en voir la parfaite brillance.


(E. M., 13 janvier 2007)

Publié par Allant Vers à 13:20:23 dans Poème d'E. Mirzayantz | Commentaires (0) |

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