• "Je marcherai habillé d'ombres et de vents comme avant, couvert des teintes de vieux murs à celles de souvenirs. Je marcherai seul sur le chemin tordu ou couvert d'herbes sèches. Je reverrai la mer et nous irons vers nulle part comme j'en connais les raccourcis. Nous dormirons sous l'ombrage d'anciens lauriers, boirons la rosée des prairies; nous longerons à nouveau la côte, sous l'envol de goélands. Je marcherai vers la Pointe des Poulains, reviendrai avec mon père préparer les cannes et nous irons nous baigner et crier à nouveau que l'eau est froide. Je marcherai vers hier, "regardez ! Lisez dans mes yeux, ils vont vous conter".

    (Bruno Mirzayantz, le 24. 03. 03)

    (Photo : "Belle-ile Les Poulains un jour de tempete 2" par Rémi Jouan, source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Belle-ile_Les_Poulains_un_jour_de_tempete_2.jpg)

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  • "Je vois m'échapper, l'eau coulant de la source, entre mes doigts inutiles, des gens pressés, agiles, que mes pas ne peuvent rejoindre. Je vois descendre les tissus arrachés de couleur d'un jour qui vient mourir sur les arbres, puis embrassent quelques vieux murs. Je vois autour des chemins de sable des enfants jouer et courir et crier à nouveau. Je vois mourir mes pas quand mes jambes ont des crampes, m'arrêter et regarder les toîts. Je vois des trottoirs se vider et des véhicules hanter avec de grands fracas les artères de la ville. Je vois rider mes croyances cupides, mes bonnes leçons, mes lettres inutiles. Je vois et mange le spectacle de quelques oiseaux chantant des mélodies où l'oubli vous emprisonne. Je ne m'interroge plus de ces douleurs qui m'envahissent, me traversant parfois de leurs glaives translucides. Je vois mes jours passer comme on voit les montagnes aux approches de la nuit....."

    (Bruno Mirzayantz, 17. 09. 03)

    (Photo : E. M. 08.07.07, passants au couché, vers Notre Dame)

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  • "Le vent a emporté les vagues et les rochers, les images confuses et bleues des tempêtes de mon passé, les couleurs des paysages, mes années d'ivresses, mes conquêtes féminines, félines, mes danses endiablées. La courbe de leurs étoffes et leurs parfums bien sûr... Le vent a déroulé sur mes épaules des chevelures d'ombres, de brisants qui cachaient qu'au fond de mes poches, tremblaient mes mains. Le vent parfois a tout emporté, même le mouchoir blanc, que rempli des flots d'écumes, de grandes averses rageuses, de grandes sueurs parfois, de ces chemins mal parcourus, de ces sentiers tordus, où je perdis mes pas dans leurs enchevêtrements, et, quand ces mêmes instants souffla le vent, qui soutenu ma solitude, et, quand ces mêmes pas, inconsciemment, je posais peut-être maladroitement ces derniers dans ceux de mon père, en cherchant comme lui à ne point trop se perdre."

    (Bruno Mirzayantz, 25 décembre 2001)

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  • "Dans les nuits confuses où je me perds dans les draps ; flots lents où passent quelques mouvances, une mer à peine éclairée par la lune au travers des volets, deux yeux mi-clos dans des ombres immenses où le corps vacille, rendant ses armes aux portes de l'inconscient. Je me retrouve dans des couloirs lumineux, puis des jardins fleuris. Les femmes aux longs cheveux et finement vêtues, sombres, blanches, lançant à mon passage inquiet des pétales de roses au devant de cascades perlées. Des arbres vieux aux lourds troncs tordus laissent bruisser autour leurs feuillages assombris. L'herbe est haute soudain ! Je traîne les pas, accrochant des tiges enlacées, avançant, je rejoins alors une allée de sable. Au loin je vois la mer, elle est fâchée, et frappe des roches déchiquetées, devant des voiliers qui courent, penchés au travers de flots en colères. Sur le côté d'une bien vieille maison aux murs sales, écaillés, toiture verte, volets clos ; des amis viennent vers moi. Je reconnais le boucher du coin, David, le torero, une cliente aux yeux bleus, habillée de dentelles grises, un homme inconnu en peignoir bariolé me tendant un chapeau haut de forme."

    (Bruno Mirzayantz, sans date)

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  • "Brûlantes émotions, inutiles démarches, les rayons sont ardents où demeure l'illusion ; les rêves sont puissants que l'on croirait chuter, dévaler bien des pentes, et, des chemins de gouffre, oubliant pour un peu la bouillante démarche, d'une jeune après-midi, les façades et les murs fumants sous l'été. Ma solitude traînant son ombre, le long de ces chemins menant à nulle part." (Bruno Mirzayantz, 13 août 2003)

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