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L'Allant Vers

Revue de poésie, nouvelles, contes

Pr?sentation

Ce blog présente des textes, poèmes, proses, dialogues qui ont retenu notre attention. Si vous souhaitez nous proposer vos productions, merci de nous laisser un message en commentaire avec vos coordonnées, le comité de lecture de l'Allant Vers vous donnera une réponse immédiatement. Bien à vous ami(e)s des lettres et de la poésie ! En espérant vous lire bientôt, et peut-être vous rencontrer si vous êtes sur Paris, nous espérons que vous prendrez plaisir à naviguer entre ces quelques textes. L'Allant Vers

Pour nous proposer vos productions (trois poèmes ou une nouvelle par envoi), merci de nous les envoyer avec vos coordonnées sur  allantvers@googlegroups.com, nous vous répondrons dans les plus brefs délais.

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Automne sur le désert | 11 mars 2008



La fôret s'étendait vers le désert jusqu'à le pénétrer d'une longue flêche rousse. A la pointe, le dernier arbre était sec, il plongeait pourtant loin ses racines dans la terre sablonneuse. C'est au pied de cet arbre qu'un vieil homme chantait inlassablement aux caravanes de marchants, quelques mots disgracieux qui agaçaient les chameliers.

"Tu ne peux te voir : tu n'es pas un reflet !
Tu ne peux rien penser de toi : tu n'es pas une phrase !"

Le vieux ne croyait ni aux mots ni aux images, on lui reprocha naturellement de le chanter en mots et en images. Alors, personne ne fit chemin jusqu'au lieu où ses paroles prenaient sens. Ceux qui s'étaient attachés à sa présence gardèrent les images et crurent avoir vu. Quelques-uns de ceux-là se souvinrent des mots et crurent avoir compris. Tous pensaient avoir connu un enseignant.

Il mourut et ses derniers mots furent :"Il n'y eut jamais d'homme au pied de mon arbre ; il n'y eut jamais d'enseignement dans mes chants".


(E.M. 24.08.07)

Publié par Allant Vers à 12:02:15 dans Poème d'E. Mirzayantz | Commentaires (0) |

La perle et l'enfant | 11 mars 2008



"Elle avait trouvé une perle dans le ruisseau d'un bidonville, puis regardé autour et vu tant de misère qu'elle a voulu l'offrir. Elle a tendu la perle vers des mains affamées, aucune ne l'a prise. Beaucoup ne la voyait pas.
Ceux qui l'ont vue n'ont pas cru qu'une telle perle pouvait exister, ceux qui ont cru qu'elle existait n'ont pas cru qu'ils pouvaient l'avoir là sous leurs yeux, et tous ceux qui ont compris ce qu'ils avaient vu s'enfuirent.
La plupart ne savait plus voir que la misère.
Tous s'abandonnaient à la pauvreté, la solitude, la maladie et la mort.
Car ils pensaient tous être cela."


(E. M., 09.03.08)

Publié par Allant Vers à 12:01:09 dans Poème d'E. Mirzayantz | Commentaires (0) |

Déchirements | 05 juillet 2007



L'enfance en lambeaux ne s'était pas chez lui suffisamment déchirée.

Il portait toujours des yeux clairs

Sur le vide béant de ce qui anime les villes.


Pour lui rien qui ne soit débattu ou qui ne se passe,

Le monde était comme rangé à part dans le désordre vivant des forêts,

Inaudible et inhumain.


Démarches et bibelots,

Conversations sans âmes,

Pas le dizième du bourdonnement d'une abeille.


Pour lui, l'oeuvre de l'homme était aberration,

Tâches et injures jetées sur la grâce,

Déchirements.


(E. M. 20.01.07)

Publié par Allant Vers à 09:28:22 dans Poème d'E. Mirzayantz | Commentaires (0) |

Chant | 20 juin 2007


Les paroles des hommes sont des parfums

Des couleurs ou des coulées de lave,

Le visage des hommes est semblable à la lune

Qui change de nuit en nuit,


L'éveil est comme le ciel

Qui enveloppe la Terre.


Et moi, je suis comme la surface du lac

Qui n'appartient ni à l'eau ni à l'air,

C'est la joie de ne plus appartenir au monde

Qui nous permet d'en voir la parfaite brillance.


(E. M., 13 janvier 2007)

Publié par Allant Vers à 13:20:23 dans Poème d'E. Mirzayantz | Commentaires (0) |

L'élan | 20 juin 2007


Un souffle lent,

        L'eau se ride.

                Une barque vide est doucement poussée.

                    Le vent joue sur les feuilles et en décroche une.

Virevolte en l'air, looping et se dépose sublime dans le creux d'une ride.

    Ma main dans l'eau, cassée à la surface claire comme le fond,

            Doigts immobiles froidement baignés, courbés vers les algues brunes, pliées.

                        Une gourmette d'ondes plissées au poignet, qui s'ouvre en V vers la berge.

        Et un sourire au coin des lèvres qui pousse une ride immuable comme le ciel dans l'eau.


                L'air frais aux narines, le torse nu dans l'air.

                        La nuque qui glisse doucement vers la colline.

                                La tête aussi pure que l'eau, à peine remuée du plaisir frissonnant, si frais.


        Ballet murmurant des airs dans les genêts,

                    Souligné du doux grincement porté au tronc du figuier.

            Petits sons de lumières qui foudroient le silence, une danse.

                                    Orgasme de la nature.

                                                 Elle halète de toutes ses branches par-dessus la surface inondée que frissonne la brise.

                   
                Et mon cœur d'homme, halé par son chant,

                            Abandonné aux méandres tendres comme l'algue lovée dans l'eau et lui fait l'amour, longuement.



                                                                                                                                    (E. M., 2001)

Publié par Allant Vers à 12:43:13 dans Poème d'E. Mirzayantz | Commentaires (0) |

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